Jean-Pierre Croizier « Le souvenir d’Alain-Fournier m’a incité à planter le décors de mon roman à côté d’Epineuil »

 

Auteur confirmé de romans ancré dans le terroir, Jean-Pierre Croizier, revient avec un roman historique, L’enfant du Canal, chez Marivole. C’est l’histoire d’une femme très amoureuse de son mari, prête à tout pour sa famille.

 

Votre roman L’enfant du canal se situe dans l’Allier, à Vallon en Sully. Pourquoi cette région ?

 

Parce que pour moi, cette région traversée par le Cher, parsemée d’étangs et de bocages, possède un charme certain… Sans doute que le souvenir d’Alain-Fournier, auteur du Grand Meaulnes, y est pour beaucoup. (Epineuil-le-Fleuriel, qui se trouve quelques kilomètres de Vallon-en-Sully, possède une école ou Alain Fournier a usé ses fonds de culottes)

 

Une région traversée par le Cher et aussi le canal de Berry… Ce canal qui tient une place importante dans votre récit. Vous semblez avoir une grande affection pour cette voie d’eau ?

 

Peut-être parce qu’aujourd’hui, hélas, ce canal est moribond, alors qu’il a rendu d’immenses services et qu’il a grandement contribué au développement de Montluçon. Beaucoup de mariniers y ont œuvré dans des conditions difficiles. Les péniches étroites, les Berrichonnes, étaient bien souvent halées par des mulets ou à bras d’homme par les bateliers eux-mêmes. Espérons que ce canal reprendra vie un jour, des projets fleurissent dans ce sens.

 

Revenons à la trame de votre roman. Toute l’histoire tourne autour de cette très jeune femme, Jeanne, 18 ans, qui connait un amour… comment dire ?… un amour irraisonné pour Paul, celui qu’elle vient d’épouser en dépit des objections de sa famille.

 

Effectivement, c’est un amour indéfectible qui l’oblige à faire mille concessions, car Paul a un caractère bien trempé et de plus il a un faible pour les boissons alcoolisées.

 

Deux évènements vont venir troubler leur vie déjà passablement tourmentée…

 

Oui, Jeanne attend un enfant ….  Mais est-elle prête à assumer un rôle de mère ? Pourra-t-elle compter sur Paul pour l’élever ? Tout bascule lorsque ce dernier se brouille avec son employeur et qu’il le tue (en légitime défense ?)

 

Ce Paul, peut-être par crainte d’être jugé coupable et de connaître le bagne, disparaît du jour au lendemain. Pour Jeanne, désespérément seule, le calvaire continue…   Cependant…

 

Cependant, dans son malheur, elle fait connaissance de deux personnes qui vont lui apporter un soutien bienvenu : une batelière officiant sur le Canal de Berry et une aubergiste tout aussi bienveillante.

 

On pourrait penser que l’histoire de cette pauvre Jeanne touche à son terme avec cette note optimiste. Il n’en est rien.

 

En effet, progressivement, la lumière se fera sur la raison véritable ayant poussé Paul   à abandonner Jeanne enceinte de quelques mois. Un bébé naîtra (qu’elle nommera Désiré).

 

Désiré, c’est l’enfant du canal ?

 

Oui, c’est lui qui détiendra les clefs du mystère, celui de ce père ô combien énigmatique.

 

Un mot sur Napoléon III ? Sur son rôle dans le récit ?

 

Non, je crois que c’est au lecteur de découvrir pourquoi ce personnage est important dans le déroulement de l’histoire.