La Metallo de Catherine Ecole-Boivin

 

Voici un roman qui ne laisse pas indifférent. Parce que ce roman justement ressemble trop à la réalité de la vie de métallo dans les années 50. C’est toute une vie « en bleu » qui est évoquée ici, par la vie d’un personnage de femme Yvonnick au prénom et aux bras d’homme, contrainte de rentrer à l’usine, dans les forges de Basse-Indre près de la Loire, suite au décès brutal de son mari.  

Le lecteur est au bord d’abandonner la lecture à chaque page parce que la vie que mène cette ouvrière est décidément trop triste. Grace à un style très personnel, au vocabulaire   réaliste, l’auteur plonge avec son personnage dans le désespoir   et nous emporte avec. Heureusement, même l’héroïne parle d’elle-même d’une façon détachée, comme si la succession des malheurs qu’elle vit n’avait presque plus de prise sur elle. C’est ce qui permet au lecteur de tenir jusqu’à la fin où enfin une lueur d’espoir naît dans la vie d’Yvonnick. Ce livre nous apprend beaucoup sur ce que c’est que de travailler dans la métallurgie, entre sueur et fatigue. Et aussi sur l’évolution   rapide des conditions de travail. En évoquant la place du catalogue de Manufrance tout au long de la vie de la métallo, l’auteur permet au lecteur d’approcher les rêves de l’ouvrière.

Dans ce livre, il est question de fierté, d’indépendance, de lutte et de valeurs. Dans notre période troublée, il n’est pas inutile de se souvenir de ce que fut la vie de labeur d’ autrefois. Deviendra t’il incontournable pour qui veut   comprendre la place d’une femme dans un monde d’hommes, à l’apogée de l’industrie française ?

Editions Albin Michel

 

Marieke Aucante